En thérapie- La psychanalyse redécouverte

Par: ELSA 8 février 2021 no comments

En thérapie- La psychanalyse redécouverte

En thérapie » : la psychanalyse redécouverte

En Thérapie, la psychanalyse redécouverte est un article paru dans Médiapart. C’est le titre d’une nouvelle série télévisée écrite par Éric Toledano et Olivier Nakache. Après  les attentats du 13 novembre 2015 à Paris, un psychanalyste reçoit cinq patients. c’est au fil de leurs séances que la série étudie les failles d’une société encore en état de détresse, de trauma et de sidération. Dans cet article Stéphane Habib  nous propose de nous interroger sur ce qu’est la psychanalyse dans ses liens avec le politique.

Qui est Stéphane Habib?

Stéphane Habib est psychanalyste et philosophe. Directeur de l’Institut des Hautes Etudes en psychanalyse. Il est membre de l’Institut Hospitalier de Psychanalyse de Sainte-Anne, à Paris, ainsi que du comité de rédaction de Tenou’a. Il codirige avec Françoise Gorog la revue Corrélats.

En thérapie, un petit tremblement de terre

…..Avec « En thérapie », ce que viennent de faire E. Toledano et O. Nakache, c’est un petit tremblement de terre dans la réception de la psychanalyse en France. En thérapie réussit là où toutes et tous, psychanalystes, théoriciens des sciences humaines, lecteurs de Freud, ne pouvaient qu’échouer. Plus encore, ils font de la psychanalyse un synonyme du politique : l’inquiétude pour la survie des corps parlants les uns avec les autres. Où s’entremêlent inextricablement le singulier et le multiple, l’unique de la parole et le pluriel des corps……

C’est pourquoi, cette mise en images, par la simple suite de champs-contrechamps finement rythmés, permet de donner à penser et à voir ce que c’est, ce qui se joue, ce qui se passe, avec et dans la psychanalyse.

Par là même la « découverte » que psychanalyste est une fonction et non un « être » ou une « essence ».

On n’est pas psychanalyste comme on est petit.e, brun.e ou blond.e, mais seulement le temps de la séance, 

En thérapie apprend ou rappelle que la psychanalyse est cet accueil de l’inframince, du presque rien, de l’infraordinaire.

Ecouter cette micro-nuance qui se donne dans la parole, et non seulement dans ce qui se dit, mais encore dans ce qui ne se dit pas dans ce qui se dit, c’est cela l’accueil de l’oreille de l’analyste.

En Thérapie: Accueillir est écouter.

……Ralentir. Prêter son oreille à ce qui prend le nom ou la figure du rebut, du déchet, des fissures, des marges, de ce que soi-même ou les autres le plus souvent, jettent, repoussent, oublient, éloignent, excluent, c’est bien le vif de l’analyse. Art des détails. Oxymoron magnifique de Lacan : science de ce qui ne marche pas.

En thérapie marche parce que c’est la mise en image de l’accueil de ce qui ne marche pas.

Thérapie, Psychanalyse et politique

Un dernier mot. Le plus important puisqu’il y va de ce qui vient.

Ce faire avec ce qui arrive, et quoi que soit ce qui arrive, fait de la psychanalyse un synonyme du politique.

Comment ne pas voir cela dans ce autour de quoi tourne obsessionnellement la série elle-même : la terreur qui s’est abattue sur le pays le 13 novembre 2015.

……C’est alors le point nodal ou minimal du politique, qui apparaît à l’image dans la pratique analytique : l’inquiétude pour la survie des corps parlants les uns avec les autres. Où s’entremêlent inextricablement le singulier et le multiple, l’unique de la parole et le pluriel des corps. Sans cela, il n’y a ni psychanalyse, ni politique. En thérapie est la mise en images de ce fait étonnant que le lien social s’allonge (ou s’assoit, qu’importe) tous les jours et plusieurs fois par jour sur le divan des psychanalystes.

Il n’y a donc pas de psychanalyse qui ne soit engagée par la chose politique. Que les psychanalystes l’acceptent ou le refusent, d’ailleurs. Faire avec ce qui arrive oblige. Oblige n’en déplaise à certain.es, à être altéré sans cesse par ce qui vient et à se laisser interroger et se reprendre, se théoriser, se repenser depuis et avec, oui avec les questions postcoloniales, les différences sexuelles, les identités multiples et mouvantes, les mises en question trans les plus radicales. Être dérangé et plongé dans le non savoir de ce qui arrive, avoir à bricoler avec cela, c’est le quotidien de la psychanalyse et ce quotidien est l’extraordinaire même. 

En thérapie montre qu’à venir est l’autre nom de la psychanalyse.

On l’avait certainement oublié. Il faudra penser à une rétrocession d’honoraires.

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